Un film d'horreur a-t-il nécessairement besoin d'être révolutionnaire pour être bon ? Non, et Neil Marshall le prouve avec "The Descent", dont la plus grand qualité n'est pas l'originalité de son scénario, à ceci près qu'il met en scène des personnages exclusivement féminins : 6 jeunes femmes qui partent explorer une grotte non-répertoriée, histoire de maximiser leur lot de sensations fortes. Là, pour le coup, elles sont servies, lorsqu'elles tombent nez-à-nez avec les habitants de la caverne, physiquement proches de Gollum. Mais, malheureusement pour nos aventurières, la rencontre va vite passer du "Seigneur des anneaux" au "Silence des agneaux", quand les créatures vont plus chercher à les bouffer qu'à leur voler leurs bagues. Et c'est dans cet espace confiné à forte teneur anxiogène que Marshall s'amuse avec nos nerfs, et certaines des angoisses les plus répandues : claustrophobie, peur du noir, du vide...soit quelques éléments-clés de la panoplie du "Film qui met mal à l'aise". Ce que n'arrangent pas un habile jeu sur la lumière, ni les scènes gores (avec leur chapelet de détails, parfois cheap mais jamais ridicules) climax d'un long métrage qui, à mesure que ses héroïnes descendent dans les entrailles de la grotte, progresse vers l'horreur pure : si la nuée de chauve-souris du début peut faire sourire, l'éboulement et la fracture ouverte d'un personnage font nettement grimper la tension, jusqu'à la rencontre avec les monstres, qui donne le coup d'envoi du bain de sang (au propre comme au figuré), tout en révélant une animalité jusqu'ici insoupçonnée chez certaines, et les font faire jeu égal, dans la violence, avec leurs agresseurs. Suggestion, bon sentiments et concession ne sont donc pas au programme de cette équipée sauvage, pas plus que le traditionnel happy-end, auquel Marshall déroge avec une belle ironie, augmentant ainsi l'efficacité de son deuxième film, tandis que le nombre de volontaires pour un baptême de spéléo risque, lui, de baisser.
8/10
Note des visiteurs : 8/10