Il fallait toute l'audace et peut-être la folie de Mel Gibson, sûrement aussi facilité en cela par l'énorme succès de La passion du Christ, pour réaliser un film sur l'empire Maya avec des acteurs non-professionnels, en Yucatèque, et à 50 millions de dollars. Le panneau en introduction du film, "pour éteindre une civilisation de l'extérieur, il faut la laisser s'éteindre de l'intérieur", résume assez bien le message que veut nous faire passer Gibson. En plus d'être un formidable portrait d'une civilisation disparue, c'est avant tout un film d'amour et d'action trèpidant, une gigantesque chasse à l'homme à travers la jungle qui rappelle furieusement le Prédator de Mc Tiernan. A ceci près que la violence vient toujours de l'homme chez Gibson, jamais d'une machine. La reconstitution de la cité Maya, plus particulièrement de l'autel où se déroule les sacrifices, là encore avec beaucoup de similitudes à la fin du Temple du soleil de Hergé, force le respect. On a affaire, à certains moments, à un véritable documentaire historique sur les us et coutumes de ce peuple, sensation donnée peut être grâce à la nouvelle caméra numérique de chez Panavision qu'a utilisé Gibson. Pour une fois que l'on a un film sur les Mayas, à la fois rythmé, divertissant, transmettant à merveille la sensation de peur, d'oppression du héros (va-t-il échapper, au sacrifice auquel il semble promis, à ses poursuivants, va-t-il réussir à sauver sa femme et son fils), on ne va pas le laisser passer et même si la violence est un peu dérangeante par moments, elle n'est jamais gratuite, toujours pour appuyer et retranscrire aussi fidèlement que possible les excès de cette civilisation.
8/10
Note des visiteurs : 9,5/10